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Pas de dépendance à l’alcool, pas de problème ?

On parle volontiers de dépendance, d’addiction, de consommation excessive ou à risque, voire de troubles de l’usage. Il est important de ne pas faire de confusion entre ces termes, car cela pourrait favoriser des comportements inadaptés, et cela de manière involontaire.

Dans ce texte, nous parlerons de la différence qui existe entre « être dépendant » et avoir une « consommation excessive ».

La dépendance correspond à des mécanismes neurobiologiques, c’est à dire à la réponse de plusieurs zones de notre cerveau à la prise d’alcool. Avoir une dépendance, c’est avoir des circuits cérébraux qui fonctionnent trop bien, qui sont trop réactifs à l’alcool. Ainsi, consommer fait persister, voire augmente les envies d’alcool au lieu de les éteindre. Cela se traduit par des symptômes spécifiques (il en faut au moins 3 pour parler de dépendance, selon les critères OMS).

On peut résumer les symptômes de dépendance de la façon suivante :

  1. Désir puissant pour l’alcool
  2. Difficultés pour contrôler sa consommation
  3. Syndrome de sevrage à la l’arrêt, parfois simplement à la diminution de la consommation (par exemple : irritation, nervosité, sueurs, tremblements)
  4. Besoin d’augmenter les doses pour obtenir l’effet désiré
  5. Abandon d’autres sources d’intérêt ou de plaisir au profit de l’alcool, et augmentation du temps passé à consommer ou à récupérer de sa consommation
  6. Poursuite de la consommation bien que celle-ci soit manifestement nocive (c’est à dire que le consommateur en ait conscience)

Donc, la dépendance correspond à une accroche puissante du produit, avec une incapacité ou des difficultés importantes de s’en séparer. Il s’agit d’un trouble grave, puisque l’individu devient prisonnier de sa consommation. 

Ce serait toutefois une erreur grossière de considérer que du coup, lorsqu’il n’y a pas de dépendance, il n’y a pas de gravité. En effet, la toxicité de l’alcool est dose-dépendante, et des personnes non dépendantes peuvent avoir plusieurs types de maladies graves liées à l’alcool. Par exemple, il a été montré dans une étude scientifique que la moitié des malades avec une cirrhose (du foie) grave ne répondaient pas à la définition de la dépendance.

Donc, la consommation d’alcool peut être toxique, même chez des personnes qui ne sont pas dépendantes ou qui ne sont jamais saoules. Le fait de n’être jamais saoul doit d’ailleurs être considéré comme un inconvénient, car cela signifie qu’il n’y a pas de sonnette d’alarme indiquant que nous avons trop bu. Du coup, « mieux on encaisse » et plus on est à risque de développer des complications liées à l’alcool.

Donc, la dépendance désigne un trouble du comportement dont il est utile de parler avec un soignant, mais elle ne préjuge pas de la quantité consommée. 

Il est indispensable de surveiller aussi les quantités consommées car ce sont elles qui impliquent les risques de complications sociales, physiques et psychologiques.

2 réponses sur « Pas de dépendance à l’alcool, pas de problème ? »

Pas un mot sur la maladie alcoolique, vous croyez que l’on buvait par plaisir, moi c’est pas une goutte, pas une réduction d’alcool c’est que je ne veux pas, mais je ne peux pas un verre et ça redémarre quand ont est alcoolique c’est pour la vie, moi j’ai 34ans d’abstinence continue, et qui d’un alcoolique peut comprendre un autre alcoolique, nous avons connu les méfaits de ce poison que nous ne voulons plus retourner dans cet enfer la solution c’est l’abstinence totale et malheureusement il n’existe aucun remède ou médicaments contre l’alcoolisme

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Votre message est très important et mérite d’être commenté. Tout d’abord, il convient de vous féliciter pour la qualité de votre démarche puisque vous êtes abstinent depuis 34 ans. Cette abstinence a été visiblement très bénéfique sur votre qualité de vie et on ne peut que vous souhaiter de continuer à vous sentir le mieux possible.
L’abstinence est effectivement indispensable chez certains patients, et un message des AA le résume parfaitement : « 1 verre c’est trop et 1000, c’est pas assez », c’est-à-dire, 1 verre suffit à « replonger », et alors on n’en a jamais assez.
Toutefois, ce qui est vrai pour les malades dépendants ne l’est pas forcément pour tous ceux qui ne sont pas dépendant et qui pourtant consomment trop. Ceux-là représentent le plus grand nombre de buveurs excessifs. Ils sont aussi à fort risque de maladie et de mortalité prématurée et il n’est pas envisageable de les abandonner même s’ils ne souhaitent pas arrêter totalement de consommer. Il faut donc proposer des objectifs différents à des malades différents pour chacun trouve un soin parfaitement adapté à son problème.
Abstinence et réduction de consommation sont deux axes de soins différents, complémentaires, qui ne s’excluent nullement et qui au contraire, parlent au plus grand nombre.

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