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MIEUX CONNAITRE LE BINGE DRINKING ET COMMENT S’EN PROTÉGER

Il n’y a pas si longtemps, on évoquait en France les consommations de type « anglo-saxonne » ou d’Europe du nord. Il s’agissait de personnes qui ne consommaient que peu, voire pas d’alcool en semaine, mais qui le week-end venu, buvaient de très grosses quantités. 

Lorsque l’on voyageait, en Amérique du nord ou en Angleterre, on avait la surprise (à l’époque c’était surprenant pour un français) de voir des jeunes gens ivres, tituber en hurlant dans les rues, alors que leur comportement était très policé le reste de la semaine. Dans certains pays du nord, des tournées de bus et cars étaient régulièrement organisées pour permettre à ces jeunes gens de rentrer chez eux sans prendre leur véhicule.

Ce mode de consommation s’est depuis développé en France, et il est souvent désigné sous le terme de « binge drinking ». Ce terme décrit des consommations excessives, « explosives », survenant dans une durée de temps limitée.

DÉFINITION

Comme souvent en alcoologie, il est très difficile de se reposer sur des normes quantitatives bien définies et faisant l’unanimité. Des limites différentes sont proposées par des groupes de recherche et des sociétés savantes. La Société Française d’Alcoologie a choisi d’adopter des limites qui sont aussi celles de l’Institut Américain sur l’Abus d’Alcool et l’Alcoolisme ce qui donne une grande légitimité à cette définition.

La limite proposée est donc la suivante : le binge drinking est défini chez l’homme et la femme par des consommation supérieures ou égales à respectivement 7 verres et 6 verres d’alcool, et cela pendant un intervalle de moins de 2 heures. 

Pour information, on définit aussi des épisodes de binge drinking à « haute intensité » ou « extrêmes » qui correspondent à des doses 2 à 3 fois importantes que celles citées plus haut, pendant le même intervalle de temps. Il s’agit de véritables « bitures express » ayant généralement cours chez les adolescents et parfois sous forme de concours. Il existe d’ailleurs de nouvelles applications de défi de consommation excessive, ce qui est une incitation particulièrement toxique.

POURQUOI IL EST IMPORTANT DE PARLER DE CE TYPE DE CONSOMMATION ?

C’est important d’en parler en particulier à cause de la durée de temps très courte qui caractérise ce type de consommation. Cela signifie que les consommateurs ont des taux d’alcool circulants qui peuvent être très élevés avec un risque de toxicité particulièrement important.

Cette toxicité peut se manifester par des complications à court terme. On pense naturellement aux risques d’accident de la voie publique qui sont une grande cause de mortalité chez les adultes jeunes. Il existe aussi des risques d’agression et les consommateurs se mettent dans un état de vulnérabilité favorisant des relations sexuelles non-consenties, voire des violences sexuelles. De plus, ces consommations survenant volontiers chez les jeunes, les épisodes de binge drinking peuvent favoriser de moins bons résultats scolaires et universitaires.

Il faut aussi citer d’autres risques, moins connus mais tout aussi préoccupants. Parmi ceux-ci, il y a des risques cardio-vasculaires. En effet, les épisodes d’alcoolisation massive peuvent provoquer des troubles du rythme cardiaque voire même un arrêt cardiaque. Ces morts subites liées à l’alcool restent peu connues mais vont survenir d’autant plus volontiers chez des personnes ne consommant pas régulièrement et donc n’ayant pas développé de tolérance à l’alcool. D’autres organes peuvent être touchés, tel que le foie. Par exemple, l’hépatite alcoolique aiguë survient principalement chez des personnes qui associent des consommations massives et un déficit alimentaire.

Le cerveau est aussi un organe très sensible au binge drinking, avec des risques de toxicité cérébrale et à terme de troubles des fonctions supérieures : mémoire, concentration, apprentissage. L’existence des trous noirs le lendemain de consommations excessives est un bon signe de consommation excessive potentiellement toxique pour le cerveau et doit alerter le consommateur. Il ne s’agit que de quelques exemples permettant d’illustrer les risques possibles du binge drinking, sans volonté d’être exhaustif. 

Enfin, il faut signaler que les épisodes répétés de binge drinking augmentent le risque de développer à distance une dépendance à l’alcool.

QUE PEUT-ON PROPOSER EN PRATIQUE ?

Bine entendu, l’idéal c’est de boire des quantités d’alcool modérées, voire pour les patients dépendants de rester abstinent. Toutefois, il peut survenir des occasions, où le contexte et l’ambiance peuvent inciter à consommer de façon importante.

1°) Dans ces situations, il faut se souvenir, qu’à consommation équivalente, la toxicité est moindre si on l’étale dans le temps. On laisse le temps à l’organisme de métaboliser une partie de ce que l’on boit et cela permet d’avoir des taux d’alcool circulant dans le corps moins important. Pour mémoire, il faut au moins 1 heure pour éliminer un verre d’alcool. 

2°) Deuxième conseil : il faut s’alimenter. Manger des aliments gras ou sucrés permet de diminuer l’absorption de l’alcool. Il y aura donc moins d’alcool circulant dans le sang et donc moins de toxicité potentielle.

Il ne faut pas oublier que l’alcool est un produit très calorique. Un épisode de binge drinking amène rapidement plus de 500 Kcal. Donc une consommation excessive dans un intervalle de temps court va correspondre à l’apport calorique d’un repas ce qui est un repas moyen de beaucoup de gens. L’alcool peut donc couper la faim, ce qui risque donc d’augmenter sa toxicité.

3°) Attention à l’association d’alcool aux boissons pétillantes : ces dernières favorisent l’absorption de l’alcool. Donc attention aux mélanges alcool-soda et des vins pétillants à jeûn.

4°) Ne pas croire que sous prétexte que l’on ne boira pas le lendemain et le surlendemain, cela va nettoyer ce qui s’est passé et que du coup, le bilan toxique sera nul. Quand on a des consommations importantes en un délai court, cela se traduit par un risque de toxicité important. Bien sûr, cela reste toujours intéressant d’avoir des jours sans alcool, mais si le mal est fait, cela ne l’effacera pas. 

5°) Enfin, est-il encore nécessaire de dire que l’alcool n’est pas une bonne boisson hydratante, et qu’il faut donc toujours intercaler des verres d’eau entre des boissons alcoolisées. C’est important pour s’hydrater et c’est un bon moyen de limiter son envie de boire.

Voilà quelques conseils simples qui peuvent aider à passer sans dommage la plus risquée des soirées.  

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