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Pourquoi est-ce important de parler de la diminution de consommation d’alcool ?

Tout d’abord, parce que nos habitudes culturelles font que la consommation moyenne d’alcool est élevée en France. L’alcool fait partie de la fête, le bon vin de notre histoire. Cela nous amène parfois à banaliser des consommations excessives, surtout chez les consommateurs qui « tiennent » bien l’alcool. 

Car les consommations excessives, qu’elles soient quotidiennes ou irrégulières, peuvent se traduire par de nombreuses complications sociales (par exemple des accidents domestiques ou de la voie publique, des problèmes de couples ou professionnels).

Parce que la consommation excessive favorise aussi la survenue ou l’aggravation de plus de 60 maladies ; notamment des maladies du foie, digestives, cardio-vasculaires, neuro-vasculaires, et de nombreux cancers. Il est important de préciser que ces complications organiques (agression du foie, du pancréas, du cerveau ou d’autres organes) sont le plus souvent « dose-dépendantes ». Cela signifie que plus une consommation est importante et plus le risque d’atteinte d’un ou de plusieurs organes est augmenté. Ces complications peuvent survenir même si on n’a jamais été soûl, ce qui donne parfois une fausse réassurance.

Car l’alcool favorise la survenue et l’aggravation de maladies psychiatriques, en particulier l’anxiété et la dépression. 

Enfin, il est important d’en parler car l’excès d’alcool est une cause importante de mortalité et qu’il diminue l’espérance de vie de plusieurs années. 

Le risque de surmortalité est lui aussi dose-dépendant. 

Il faut donc retenir qu’une consommation excessive d’alcool est un facteur de risque majeur de détérioration de l’état de santé et d’une diminution de la qualité de vie. La diminution de consommation va bien sûr se traduire par des résultats inverses, c’est à dire que plus la consommation va baisser et plus les risques de complications vont diminuer. De plus, la diminution de risque sera d’autant plus significative que vous partez d’une consommation élevée. 

Qui peut être concerné par cet objectif de diminution de consommation ?

Si vous vous posez des questions concernant votre consommation, ce n’est pas un hasard, mais c’est probablement parce que votre consommation commence à être problématique ou que vous souhaitez prendre soin de votre santé ou celle d’un proche. La réduction de consommation concerne tous ceux qui boivent trop et qui ne souhaitent pas, dans un premier temps au moins, stopper totalement leur consommation. 

Jusqu’où faut-il diminuer sa consommation ? Question simple, mais réponse complexe. En effet, il est actuellement difficile de tirer des conclusions claires et incontestables à partir des différentes normes de consommation qui sont publiées dans le monde. En particulier, il n’est pas possible actuellement de se prononcer de façon formelle sur les doses qui sont sans « aucun risque » pour la santé. Depuis des années, la Société Française d’Alcoologie (SFA) recommande de ne pas dépasser une consommation moyenne de 3 verres / jour chez l’homme et de 2 verres / jour chez la femme. Des limites un plus basses ont été récemment proposées : par exemple, pas plus de 2 verres par jour (pour les hommes et les femmes), 5 jours par semaine, selon Santé Publique France

Ces limites représentent les seuils de faible toxicité de l’alcool, c’est à dire des doses dont la consommation ne donne pas de risque de surmortalité. 

Des bénéfices sont perçus dès la diminution de quelques verres par jour. Les premières baisses de consommation permettent déjà des résultats positifs et servent d’encouragement à maintenir ses efforts. D’ailleurs, il est important de préciser que la diminution des premiers verres est celle qui amène le plus de bénéfice en termes de diminution des risques pour la santé (les plus fortes consommations étant de plus en plus toxiques) : diminution des risques d’atteinte neurologique, de maladies vasculaires, de cancers. 

Ces premiers efforts permettent une diminution de la fatigue chronique qui est si souvent associée à une consommation excessive. On a meilleure mine quand on se regarde dans le miroir, et on donne l’impression d’être plus jeune. Bien sûr, quelques verres en moins par jour et l’espérance de vie augmente. 

A quelle vitesse faut-il avancer ? 

L’idéal est d’atteindre progressivement les normes de consommation déjà citées. Il est conseiller de ne pas réduire trop vite sa consommation, car cela peut entrainer des signes d’inconfort, voire de manque. De plus, une décroissance trop rapide sera plus difficile à réaliser et risque de vous décourager. Les objectifs que l’on se fixe doivent être réalistes pour être atteints : modifier sa consommation doit ressembler à un marathon, pas à un sprint.

Les bénéfices sont-ils rapides ou lents à obtenir ? 

Bien sûr, pour obtenir certains bénéfices (par exemple risque de cancer alcoolo-induit), il faut une diminution très importante et qui dure dans le temps. Toutefois, diminuer de quelques verres chaque jour permet d’observer des améliorations nettes dès les premières semaines. C’est un facteur d’encouragement important qui aide à renforcer sa motivation à avancer.

Est-ce possible ? 

Oui beaucoup de personne parviennent à diminuer leur consommation. Lorsque l’on ne parvient pas à réduire sa consommation malgré un engagement sincère, cela peut traduire l’existence d’une dépendance sévère à l’alcool qui va plutôt justifier un arrêt total de consommation ou un accompagnement spécialisé. Toutefois, cette tentative de diminution ne doit pas être considérée comme un échec, mais comme une première étape, souvent incontournable, qui va secondairement mener vers le succès. C’est pourquoi, pour certains, la réduction de consommation peut correspondre à une étape intermédiaire permettant d’aller secondairement à l’arrêt total de l’alcool, objectif plus réaliste en cas d’addiction sévère. 

Comment procéder ? 

La diminution doit être lente et progressive afin d’éviter tout symptôme de manque. Par exemple, vous pouvez diminuer votre consommation d’un verre par jour pendant 4 à 5 jours, puis à nouveau baisser d’un verre par jour si cela se passe bien pendant la même durée, etc… Si votre consommation moyenne est importante et si cela ne provoque aucun signe de manque (tels que des sueurs ou des tremblements), vous pouvez baisser de 2 verres / jour (mais toujours en lissant cette baisse sur une période de quelques jours). Si vous souffrez de signes de manque, cela traduit une dépendance et impose donc un suivi médical. 

            En résumé : La consommation d’alcool est rapidement excessive, puisque dès 2 verres quotidien chez la femme et au-dessus de 2 à 3 chez l’homme, il existe un sur-risque de complications liées à l’alcool. Il est toujours rentable de moins boire quel que soit l’importance du trouble de l’usage. Les bénéfices surviennent rapidement, y compris pour des diminutions modestes. Il faut y aller progressivement en essayant d’atteindre les normes citées. Surtout, il ne faut pas se décourager, car ce type de démarche demande bien souvent plusieurs tentatives.

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Alcool, quelles sont les doses à risque ?

LES SEUILS DE CONSOMMATION À RISQUE :

Il n’est pas possible actuellement de se prononcer de façon formelle sur les doses qui sont sans « aucun risque » pour la santé.

Depuis des années, la Société Française d’Alcoologie (SFA) recommande de ne pas dépasser une consommation moyenne de 3 verres / jour chez l’homme et de 2 verres / jour chez la femme.

Des limites un plus basses ont été récemment proposées par Santé Publique France : ne pas consommer plus de deux verres standard par jour ; avoir des jours sans consommation dans une semaine ; ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine

En résumé:

« Pour votre santé, l’alcool,
c’est maximum deux verres par jour et pas tous les jours. »

Ces limites représentent les seuils de faible toxicité de l’alcool, c’est à dire la consommation inférieure ou égale à ces quantités ne donne pas de risque de surmortalité. 

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La consommation d’alcool est-elle moins toxique lors des vacances d’été ?

L’été est une période pendant laquelle il y a plus d’occasions de faire la fête, et c’est tant mieux. Il fait plus chaud, les journées durent plus longtemps, et nous avons envie d’en profiter. De plus tout le monde boit autour de nous, et cela influence notre consommation (en l’augmentant) et notre perception des risques encourus (en les diminuant). Ce n’est donc pas étonnant que nous ayons tendance à baisser la garde pendant cette période. 

Pourtant, l’alcool n’est pas moins toxique parce que c’est l’été ou parce qu’il est consommé dans un contexte festif. Dans ce sens, l’été pourrait au contraire être une période à risque, en particulier pour les consommations irrégulières mais massives. Il existe de plus en plus d’études qui démontrent qu’une consommation irrégulière, mais massive, est un mode de consommation particulièrement toxique. Lorsque l’on a beaucoup bu d’un coup, cela a agressé le corps et le fait de « calmer le jeu » pendant quelques jours n’efface pas la toxicité de cet excès : on ne « nettoie pas » pas ce qui a été fait.

L’été est aussi une période où il y a plus de tentation de boire en dehors des repas, ce qui augmente l’absorption de l’alcool dans le corps et donc sa nocivité.

Il existe une autre façon d’imaginer la prise d’alcool pendant les vacances : c’est l’intérêt de contrôler sa consommation. Cela permet de mieux profiter de ses soirées entre amis, et de rester au mieux jusqu’au bout de la fête. Par ailleurs, c’est très agréable d’être en forme le lendemain, dès le réveil. On peut aussi considérer que l’été est la bonne saison pour avoir plus d’activité physique, pour améliorer son teint et sa santé. C’est un moment pendant lequel on veut se sentir plus jeune et plus en forme. Nous pourrions donc en profiter pour nous occuper de nous, notamment de nos habitudes de boisson et d’alimentation. Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que l’alcool n’est pas une boisson efficace pour se désaltérer.

En résumé, cet été buvez beaucoup d’eau, peu d’alcool et faites des activités physiques.

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Pas de dépendance à l’alcool, pas de problème ?

On parle volontiers de dépendance, d’addiction, de consommation excessive ou à risque, voire de troubles de l’usage. Il est important de ne pas faire de confusion entre ces termes, car cela pourrait favoriser des comportements inadaptés, et cela de manière involontaire.

Dans ce texte, nous parlerons de la différence qui existe entre « être dépendant » et avoir une « consommation excessive ».

La dépendance correspond à des mécanismes neurobiologiques, c’est à dire à la réponse de plusieurs zones de notre cerveau à la prise d’alcool. Avoir une dépendance, c’est avoir des circuits cérébraux qui fonctionnent trop bien, qui sont trop réactifs à l’alcool. Ainsi, consommer fait persister, voire augmente les envies d’alcool au lieu de les éteindre. Cela se traduit par des symptômes spécifiques (il en faut au moins 3 pour parler de dépendance, selon les critères OMS).

On peut résumer les symptômes de dépendance de la façon suivante :

  1. Désir puissant pour l’alcool
  2. Difficultés pour contrôler sa consommation
  3. Syndrome de sevrage à la l’arrêt, parfois simplement à la diminution de la consommation (par exemple : irritation, nervosité, sueurs, tremblements)
  4. Besoin d’augmenter les doses pour obtenir l’effet désiré
  5. Abandon d’autres sources d’intérêt ou de plaisir au profit de l’alcool, et augmentation du temps passé à consommer ou à récupérer de sa consommation
  6. Poursuite de la consommation bien que celle-ci soit manifestement nocive (c’est à dire que le consommateur en ait conscience)

Donc, la dépendance correspond à une accroche puissante du produit, avec une incapacité ou des difficultés importantes de s’en séparer. Il s’agit d’un trouble grave, puisque l’individu devient prisonnier de sa consommation. 

Ce serait toutefois une erreur grossière de considérer que du coup, lorsqu’il n’y a pas de dépendance, il n’y a pas de gravité. En effet, la toxicité de l’alcool est dose-dépendante, et des personnes non dépendantes peuvent avoir plusieurs types de maladies graves liées à l’alcool. Par exemple, il a été montré dans une étude scientifique que la moitié des malades avec une cirrhose (du foie) grave ne répondaient pas à la définition de la dépendance.

Donc, la consommation d’alcool peut être toxique, même chez des personnes qui ne sont pas dépendantes ou qui ne sont jamais saoules. Le fait de n’être jamais saoul doit d’ailleurs être considéré comme un inconvénient, car cela signifie qu’il n’y a pas de sonnette d’alarme indiquant que nous avons trop bu. Du coup, « mieux on encaisse » et plus on est à risque de développer des complications liées à l’alcool.

Donc, la dépendance désigne un trouble du comportement dont il est utile de parler avec un soignant, mais elle ne préjuge pas de la quantité consommée. 

Il est indispensable de surveiller aussi les quantités consommées car ce sont elles qui impliquent les risques de complications sociales, physiques et psychologiques.

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Pourquoi une aide à la réduction de l’alcool ?

La consommation excessive d’alcool touche beaucoup de personnes en France et se traduit par des problèmes de santé, des problèmes socio-professionnels et une augmentation des risques de mortalité.

Malheureusement la majorité des buveurs excessifs d’alcool n’ont pas conscience de l’être, les moyens mis à la disposition des consommateurs excessifs sont très largement insuffisants ou inadaptés. Ainsi, seuls 10 à 20 % de ces consommateurs sont actuellement aidés par le système de soin. 

Cette insuffisance de traitement a incité la Mission Inter Ministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) à faire des recommandations. Parmi celles-ci, le déploiement progressif de solutions de e-santé est considéré comme indispensable, avec en particulier le développement d’applications mobiles.

C’est dans ce cadre que MyDéfi s’insère : il s’agit d’une application faite par des médecins et validée par des médecins addictologues, pour aider tous ceux qui le souhaitent à diminuer leur consommation d’alcool. Il s’agit d’un objectif majeur, car chaque verre en moins diminue le risque de survenue de complication liée à l’alcool.