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Parlons du tabac et particulièrement du tabagisme associé à une consommation excessive d’alcool ou à l’alcoolo-dépendance. Que pouvez-vous faire si vous êtes concerné ?

L’objectif de cet article est de parler du tabagisme, et plus particulièrement du tabagisme associé à la consommation excessive d’alcool. Il n’est pas possible de réfléchir au problème d’alcool sans avoir en tête le tabac. 

L’un des premiers arguments vient d’une étude américaine effectuée dans les années 80. Des chercheurs ont observé les causes de mortalité de patients alcoolo-dépendants neuf ans après un sevrage alcool. Ces auteurs ont montré un nombre important de décès chez les patients qui reconsommaient régulièrement de l’alcool. Mais plus important, la première cause de mortalité chez ces patients était le tabagisme. Dans cette étude concernant des malades alcoolo-dépendants, le tabac tuait plus que l’alcool !

Cette étude a été très importante, car à l’époque, les patients étaient suivis dans des unités différentes pour les problèmes d’alcool, de tabac ou de drogue. L’Addictologie et l’organisation de l’accompagnement au sein d’unités d’Addictologie telles qu’on les connait aujourd’hui n’existaient pas encore.  Ainsi, il était habituel de dire aux patients : « l’urgence pour votre foie est d’arrêter l’alcool ; pour le tabac vous verrez plus tard ». C’était une très mauvaise réponse, et nous savons maintenant que l’approche thérapeutique doit être globale, choisie en collaboration avec les patients en fonction de leurs demandes et besoins.

Pourquoi faut-il s’intéresser au tabac ? 

Si l’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable, c’est parce que le tabac est la première cause de mortalité évitable. Il ne faut pas l’oublier, d’autant que la consommation de tabac est particulièrement fréquente chez les malades alcoolo-dépendants. En effet, 80 à 90 % des patients hospitalisés pour sevrage alcoolique fument, alors que le tabagisme dans la population générale est plutôt aux alentours de 30 %.

Donc, ne serait-ce qu’en raison de la plus grande fréquence du tabagisme, les malades d’alcool ont presque 3 fois plus de risque de faire des complications liées au tabac que les personnes qui n’ont pas de maladie d’alcool.

Par ailleurs, lorsque l’on additionne la consommation d’alcool et de tabac, les risques d’effets secondaires et de survenue de maladies ne s’additionnent pas mais se multiplient. En d’autres termes, cela signifie que l’association de l’alcool et du tabac a une toxicité beaucoup plus importante que la simple somme des toxicités de chacun de ces produits consommés séparément. Comme il s’agit d’un point très important, mais long à décrire, nous pourrons le développer plus précisément dans un autre texte, si certains d’entre vous sont intéressés.

Les risques d’une consommation mixte alcool et tabac sont doses-dépendants. Cela signifie que les risques augmentent donc avec les quantités doses consommées. Cela signifie que si l’on ne se sent pas capable d’arrêter de fumer immédiatement, il faut dans un premier essayer de diminuer sa consommation. C’est le même message que pour les consommations excessives d’alcool.

Pour ces deux produits : le moins, c’est le mieux. 

Comment faire ? Par exemple en évitant les « cigarettes-reflexes » que l’on fume simplement parce qu’elles sont disponibles. Bien sûr, lorsqu’il y a en permanence un cendrier sur la table, un paquet de cigarettes sorti avec un briquet à côté, cela stimule l’envie d’en allumer une. Il est arrivé à tous les fumeurs de penser : « pourquoi ai-je allumé cette cigarette, je n’en avais pas vraiment envie ». A l’opposé, lorsque l’on est occupé, sans paquet de cigarettes à portée de main, il est plus facile de moins fumer. 

De plus, si certaines cigarettes sont agréables, d’autres ne le sont nettement moins et il est donc possible de ne pas les allumer. C’est très rentable parce que cela représente un nombre important de cigarettes chaque jour. 

Pour vous aider, vous pouvez aussi utiliser la technique des 5 minutes. En quoi cela consiste ? Lorsque vous avez envie de fumer une cigarette, regardez votre montre ou mettez en route le minuteur de votre portable pour une durée de 5 minutes. Et l’allumez pas de cigarette avant la fin de ces 5 minutes. A la place, trouvez une occupation, et vous verrez que l’envie de fumer va parfois vous quitter. Cela vous permettra de rester une demi-heure ou peut-être une heure de plus sans fumer. C’est en accumulant ces petits efforts qu’il est possible de diminuer sa consommation. 

De plus, il existe pour le tabac une substitution nicotinique qui peut être une aide très précieuse. L’objectif de cette substitution est d’apporter de la nicotine en quantité suffisamment importante pour saturer les récepteurs nicotiniques du cerveau, c’est-à-dire les sites de fixation de la nicotine. 

Lorsque ces récepteurs sont suffisamment saturés, la nicotine provenant de la cigarette ne trouve plus de récepteur libre, ou très peu, et cela se traduit par une absence d’effet de cette nicotine amenée par la cigarette. Il n’y a donc quasiment plus de plaisir. Il ne reste que le goût de la cigarette qui est plutôt mauvais, même pour les fumeurs actifs, et une irritation de la gorge. 

Comme la nicotine est la molécule qui génère la dépendance au tabac, la substitution nicotinique permet donc d’éviter le manque et « tue » le plaisir de fumer. 

C’est pourquoi, les tabacologues considèrent qu’il faut augmenter la substitution nicotinique tant que les patients ont des envies de fumer. Une fois ces envies disparues, il est beaucoup plus facile de jouer sur les habitudes, les automatismes et les mauvais réflexes (cela reste quand même un gros travail).

Il existe plusieurs moyens d’être substitué en nicotine : principalement les patches, les gommes, les pastilles et la cigarette électronique (e-cigarette). Pour être complet, il existe aussi un médicament qui va se fixer aussi sur les récepteurs nicotiniques, la Varénicline. Là encore, la prise de ce traitement va se traduire par une disparition du « plaisir » de fumer, et le sevrage va donc être possible avec peu d’impression de manque. Nous nous permettons de citer ce traitement parce qu’il est actuellement le seul disponible avec ce mode de fonctionnement et que cette information ne correspond donc pas à de la publicité préférentielle.

Enfin, il faut insister sur le fait qu’il est tout à fait possible de faire un sevrage mixte alcool et tabac. D’ailleurs de nombreux patients le réclament, et contrairement à l’idée que l’on pourrait avoir, les freins viennent plutôt de soignants qui n’en ont pas l’habitude.

Pourtant, il est souvent plus facile d’arrêter les deux produits, car l’un appelle l’autre : plus d’envie de fumer lorsque l’on boit un verre d’alcool et plus d’envie de boire lorsque l’on fume. Du coup, la double abstinence offre plus de sécurité et diminue le risque de rechute pour chacun des deux produits. 

Cependant n’oubliez pas que si l’on ne se sent pas capable d’arrêter de fumer immédiatement, il est toujours possible d’essayer de diminuer sa consommation. C’est toujours mieux pour votre santé.

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GÉNÉTIQUE ET ALCOOL: EST CE DU GÈNE OU DE L’ENVIRONNEMENT ?

Il existe fréquemment des « concentrations  familiales » de consommation de produits psychoactifs, ce que l’on nomme parfois des généalogies à risque. Ainsi, des patients disent volontiers en consultation : « chez nous, on boit de père en fils ». 

Il est intéressant de savoir à quoi cela peut correspondre. Existe-t-il réellement d’une prédisposition génétique à la consommation d’alcool, ou s’agit-il simplement d’un mimétisme familial et/ou culturel. En d’autres termes, le comportement de ces patients est-il favorisé par l’environnement ou dicté par le patrimoine génétique.  

De nombreuses études génétiques ont été réalisées, en particulier concernant l’alcool, et il nous a semblé intéressant d’en rapporter quelques résultats. Tout d’abord, il est essentiel de préciser que ces études (et donc leurs résultats) ne concernent pas la consommation d’alcool en elle-même, mais le risque de DÉPENDANCE à l’alcool.

Trois résultats importants méritent d’être discutés

PREMIER RESULTAT : LE RISQUE DE DEPENDANCE AUGMENTE CHEZ LES FILS DE PERES DEPENDANTS

Pour avoir une idée de l’amplitude de ce risque, voici quelques chiffres :

Chez les hommes n’ayant pas de dépendance à l’alcool, la descendance masculine a 2 à 5 % de risque de développer une dépendance à l’alcool (selon les études).

Chez les hommes ayant une dépendance à l’alcool, la descendance masculine a 10 à 25 % de risque de développer une dépendance à l’alcool (selon les études).

Pour résumer simplement ces données, on dit généralement que le risque de dépendance chez un homme est MULTIPLIÉ PAR 5 si son père a été dépendant, par rapport à un père que ne l’aurait pas été. Pour les puristes des statistiques, il s’agit d’un abus de langage, mais cela a l’intérêt d’être clair et facile à comprendre. 

Les résultats chez les femmes sont moins importants, l’impact de la dépendance chez les parents semblant moins important que pour les hommes.

DEUXIEME RESULTAT : C’EST LA GENETIQUE ET NON L’ENVIRONNEMENT

Les résultats précédents ne démontrent pas une origine génétique, puisque le développement de la dépendance pourrait aussi être la résultante d’un mimétisme inconscient chez les enfants, en particulier les garçons qui imiteraient les habitudes de leurs pères. 

Pour faire la différence entre ces facteurs de risque génétiques ou liés à l’environnement, différents cas de figure ont été évalués. Des études effectuées chez des enfants adoptés permettent de comparer la survenue de dépendance chez des personnes en fonction du statut de dépendance ou non à l’alcool de leurs parents génétiques et adoptifs.

Par exemple, des enfants nés de parents dépendants à l’alcool mais adoptés et élevés dans une famille sans dépendance ont été comparés à des d’enfants nés de parents sans dépendance mais adoptés et élevés dans une famille avec dépendance à l’alcool.

Les résultats sont tout-à-fait clairs : c’est la dépendance des parents génétiques qui pèse le plus dans le risque de développer une dépendance plus tard. Il faut à nouveau d’insister sur le fait que cela ne concerne que la dépendance et non l’ensemble des consommations d’alcool, et donc une minorité de consommateur. Vous savez maintenant que la toxicité de l’alcool est dose-dépendante (relié donc aux quantités d’alcool consommées) et que des personnes non dépendantes peuvent développer des maladies graves liées à l’alcool. Ainsi, il a été montré dans une étude scientifique que la moitié des malades avec une cirrhose (du foie) grave ne répondaient pas à la définition de la dépendance.https://mydefi.life/2020/08/09/pas-de-dependance-a-lalcool-pas-de-probleme/

Pour revenir à la dépendance, l’influence des parents adoptifs va surtout avoir un retentissement sur l’âge de début de consommation d’alcool. Les premières consommations surviendront plus jeune s’il y a des habitudes de consommation chez ces parents adoptifs.         

De plus, ce risque n’explique pas seul l’évolution vers une dépendance. Celle-ci sera aussi influencée par des facteurs associés tels l’environnement culturel, les relations et amis, ainsi que type de produit psycho-actifs ou drogue habituellement consommé (cannabis, ou autres produits)

D’autre part, cette part génétique correspond à un risque accru et non pas à un élément définitivement inscrit en nous, comme la taille ou la couleur des yeux.  

TROISIEME RESULTAT : CE N’EST PAS UNE FATALITE

Le terme « génétique » évoque de prime abord des caractères définitivement fixés, comme la couleur des yeux, la forme des oreilles, la taille, etc… Mais la génétique conditionne aussi notre équipement en récepteurs cérébraux, en synthèse de neuro-médiateurs ou d’enzymes. Et c’est de cela dont il est question lorsque nous parlons de génétique et d’alcool. Cela signifie que le circuit de la récompense situé dans notre cerveau va être plus ou moins « réactif » selon son équipement biologique qui est lui déterminé par notre patrimoine génétique.

Nous pouvons donc avoir un équipement neuro-biologique à faible ou à plus fort risque de développer une dépendance à l’alcool. MAIS, cela ne signifie pas que certains d’entre nous sont CONDAMNÉS à devenir dépendant.

Tout n’est donc pas joué avec nos gènes et nous avons tous la possibilité de nous battre contre le risque de dépendance. 

Par contre c’est intéressant d’avoir une idée de notre risque génétique, en observant le comportement de nos parents et grands-parents. Une personne qui aurait plusieurs cas de dépendance à l’alcool dans ses ascendants (et frères et sœurs) est probablement à sur-risque de développer une dépendance à l’alcool. Dans ce cas, il faut consommer avec modération et être très vigilant sur une éventuelle perte de contrôle de sa consommation. De plus, en sachant que l’on est à risque, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

On voit que le risque génétique n’est plus dans ce cas une fatalité, mais au contraire un indicateur important s’inscrivant dans une optique de prévention.

De même, si vous avez développé une dépendance à l’alcool, il est important de savoir que votre descendance peut avoir un risque augmenté de dépendance. En les informant, vous leur permettez de diminuer ce risque. L’idéal est probablement de faire donner cette information par un addictologue, qui prendra le temps d’expliquer ce risque, mais aussi de dédramatiser cette annonce.

En conclusion, et pour répondre à question posée dans le titre, il existe un risque génétique clair de développer une dépendance à l’alcool. Il faut insister sur le fait qu’un risque lié à l’environnement peut coexister et s’associer au risque génétique.

Comme expliquer plus haut, il ne s’agit pas d’une fatalité. Au contraire, connaître ce risque génétique peut permettre permet d’adapter son comportement et de réduire ainsi la probabilité de développer une dépendance. 

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ON SE PRÉPARE À FAIRE LA FÊTE !

Après la période des fêtes de fin d’année, nous voyons en consultation de nombreux patients qui étaient abstinents et qui ont rechuté pendant cette période. Il s’agit bien sûr d’une période à risque, même si cette année va (malheureusement) rendre les échanges festifs plus difficiles et peut-être ainsi diminuer les risques de re-alcoolisation.

Quoiqu’il en soit, c’est le bon moment de se remémorer quelques conseils de base. Ces conseils sont donnés par les soignants aux patients mais aussi souvent expliqués par les patients à leurs soignants (échange de bons procédés !). Vous avez probablement plein d’autres tours dans votre sac. Voilà l’occasion de vous en rappeler.

1°) COMMENT SE PRÉPARER AUX FÊTES DE FIN D’ANNÉE? 

Tout d’abord, il est important d’anticiper comment se comporter pendant les soirées de fêtes. Chaque personne abstinente sait généralement comment faire pour ne pas boire à condition de se préparer en amont. 

Il faut par exemple fignoler sa « phrase-type » pour refuser un verre d’alcool, et bien la répéter pour être capable de la dire de façon naturelle et réflexe. Même si nous devrions être en petit comité cette année, il n’est pas impossible de s’entendre dire quelque chose dans le style de: « ben, tu ne bois rien ? » « Ce soir, c’est pas pareil ! » « Pour une fois, ça ne peut pas faire de mal ! ».

Il faut être prêt à répondre du tac au tac, naturellement et sans la moindre gêne. Si vous vous sentez encore un peu fragile : répétez comme les grands acteurs.

Vous pouvez aussi amener des boissons sans alcool pour pouvoir faire la fête, afin de boire ce que vous aimez, sans prendre de risque. Il faut surtout éviter les soirées traquenards au cours desquelles il est quasiment impossible de ne pas boire.

Il peut être utile enfin de pouvoir anticiper les conséquences de son comportement : c’est-à-dire de ressentir par avance la fierté d’avoir passé ce moment délicat sans re-consommer ; ou au contraire la déception d’avoir craqué. 

2°) COMMENT BIEN GÉRER SA SOIRÉE ?

Il faut se dire que ce n’est pas plus dur qu’un autre soir. Vous avez déjà tenu et vous savez donc comment gérer.

Si vous êtes tenté pendant la soirée, n’oubliez pas qu’une envie, ça passe vite. Surtout, pensez à quel point vous serez heureux le lendemain matin. Vous vous direz alors, avec fierté, que vous avez super bien géré votre Noël ou votre jour de l’an !

Il faut être sûr de soi avec un verre d’eau pétillante ou de boisson non alcoolisée à la main : ce n’est pas une tare de ne pas boire d’alcool. Il n’y a donc aucune raison de se sentir mal à l’aise ou complètement inadapté.  

3°) QUE FAIRE APRÈS ?

En cas de consommation, il est indispensable de revenir immédiatement à l’abstinence. Par exemple, en cas de re-consommation à Noël, il ne faut surtout pas remettre ça au jour de l’an. Surtout ne pas se leurrer, la première re-consommation se passe souvent bien. On peut volontiers se dire : « en fait, j’ai géré, je n’ai bu que 2 verres ». Attention, c’est un leurre et ça se dégrade très vite après. Donc il faut un retour immédiat à zéro, mais restez optimiste : si on est vigilant, un coup de canif dans le contrat n’est pas égal à une rechute. 

Au moindre doute, contacter un soignant et, si possible, faites-vous aider par des proches. Trop souvent, les patients n’osent pas revenir en consultation : ils attendent que « ça aille mieux ». C’est une très mauvaise idée. Il faut consulter au moindre doute. Ne ressentez pas de honte et n’ayez pas la crainte de déranger.

Voilà quelques pistes de réflexion pour vous aider dont certaines ont été soufflées par des patients heureux de leur abstinence.

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e-SANTÉ ET ADDICTION

e-SANTÉ ET ADDICTION

Une réunion très importante a été organisée par la MILDECA sur la e-santé. Un document rédigé par des experts a été produit à cette occasion afin de pointer l’existant et surtout d’anticiper l’avenir de la e-santé. 

Ce texte confirme que la e-santé a un « énorme potentiel désormais reconnu à l’international », et qu’elle représente « une réponse particulièrement bien adaptée aux besoins ».

Voici quelques extraits significatifs de ce texte (reproduits à l’identique) qui méritent d’être lus avec beaucoup d’attention.

Extraits du texte de synthèse (qui fait en tout 104 pages).

« La lutte contre les drogues et les conduites addictives ne peut pas se passer de l’apport de l’e-Santé, qui est susceptible d’apporter une amélioration du service médical rendu dans la prévention, le repérage, le diagnostic et le traitement des addictions

Un plan pour le déploiement progressif et intégré des solutions de e-Santé peut désormais être considéré comme indispensable dans le cadre de la lutte contre les drogues et les conduites addictives, pour la prévention et pour la réduction significative du « treatment gap », qui laisse actuellement un grand nombre de patients sans prise en charge. »

Pour mémoire, le « treatment gap » représente l’écart qui existe entre le nombre de patients ayant besoin de soin et ceux qui ont effectivement un soin. Concernant les problèmes d’alcool, moins de 10 % des patients qui devraient bénéficier d’un accompagnement ont effectivement des soins. 

La synthèse valorise deux éléments qui sont spécifiquement considérés comme des outils de soin majeurs

1°) LES NOUVEAUX ACTEURS DE L’e-SANTE

« Les technologies numériques permettent de mobiliser plus efficacement de nouveaux acteurs (tels les associations de patients, les patients experts, les psychologues, les préventeurs, etc.). 

La mobilisation de nouveaux acteurs tels que les consommateurs et les patients permettra de répondre en partie aux besoins non couverts par les spécialistes médicaux. 

Les réseaux communautaires ressortent comme l’un des moyens à privilégier pour améliorer la prévention et amener les personnes les plus à risque à rechercher les soins adaptés. » 

En d’autres termes, les associations de patients, réseaux sociaux, blogs et tous les types de e-communications sont reconnus comme des acteurs majeurs pour donner des informations, aider à la prévention et favoriser l’entrée dans le soin de certains patients. 

2°) LES NOUVEAUX OUTILS AU SERVICE DES PATIENTS 

« Les technologies numériques permettent aux consommateurs de s’évaluer et de se traiter avec des dispositifs médicaux efficaces. 

Le smartphone doit désormais être considéré comme le vecteur privilégié pour l’adoption des services et solutions de l’e-Santé dans le champ des addictions

Pour l’utilisateur, le smartphone est en effet une plateforme d’intégration des différents services et solutions offertes actuellement et à l’avenir par l’e-Santé

Il s’agit également désormais de communiquer mieux afin d’informer, surtout les plus jeunes, afin de ne pas laisser le champ libre à la promotion et la vente de substances addictives grâce aux applications mobiles utilisées actuellement par le plus grand nombre. »

Ainsi, les APPs sont des outils efficaces qui doivent être développés. Les APPs médicales dédiées aux problèmes d’alcool doivent venir contrer celles qui favorisent les consommations d’alcool (défis entre binge drinkers, etc…).

POUR CONCLURE, REVEVONS DANS LE TEXTE DE LA MILDECA : 

« L’expérience disponible au niveau international et en France permet de disposer d’un niveau de preuve suffisant pour justifier le déploiement de solutions telles que les réseaux communautaires et sociaux, la téléconsultation et la télémédecine, l’aide téléphonique, les applications mobiles»

Nous ne pouvons rêver meilleur encouragement à maintenir les efforts des groupes sociaux et des APPs à destination de tous ceux qui consomment trop d’alcool. 

D’après le rapport de la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

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Test: évaluez votre sentiment d’efficacité personnelle

Nous avons précédemment parlé de la « bibliothérapie » qui est une technique de soin non médicamenteuse qui peut aider à réduire sa consommation d’alcool. En effet, pour avoir envie d’avancer il est nécessaire d’être informé et d’analyser au mieux son état, d’autant que la démarche d’aller vers une baisse de consommation (ou une abstinence) demande souvent beaucoup d’efforts.

Pour se lancer, il faut aussi penser que l’objectif fixé n’est pas inaccessible, c’est-à-dire que l’on a les compétences personnelles pour l’obtenir. En effet, comment se lancer dans un combat que l’on ne se croit pas capable de gagner ? Cela demande donc de ressentir de la confiance en soi. Nous parlerons dans ce texte du « sentiment d’efficacité personnel » qui se définit comme notre niveau de croyance dans notre auto-efficacité.

Dans de nombreux domaines, on voit que ceux qui obtiennent des résultats éclatants n’ont généralement aucun doute sur leur niveau de capacité. Malgré les obstacles, ils continuent et finissent « tout naturellement » par aboutir. On n’entend pas un compositeur, un grand sportif, quelqu’un qui a réussi dans un domaine quel qu’il soit, exprimer qu’il n’a jamais penser avoir l’ombre d’un talent et qu’il n’a poursuivi ses efforts qu’en espérant qu’un coup de chance inouï puisse lui permette de réussir. Tous ces gens ont un sentiment d’auto-efficacité très affirmé qu’ils conservent intact, même s’ils traversent des moments difficiles. 

C’est pourquoi le sentiment d’auto-efficacité a été décrit comme étant au fondement du bien-être et des accomplissements humains. Est-ce que cela ne décrit pas ce que nous recherchons au quotidien ?

Or, il apparaît clairement que les personnes qui ont des pathologies addictives, en particulier des consommations excessives d’alcool, ont un déficit de confiance en soi. De plus, la poursuite de leur consommation, malgré les efforts qu’elles mettent en œuvre pour la combattre, finit par éroder leur « sentiment d’efficacité personnelle ».

Cela est préjudiciable pour le consommateur excessif d’alcool, car le « sentiment d’efficacité personnel » est un facteur pronostique majeur. En effet, dans les études scientifiques qui évaluent ce qui fait que certains patients atteignent plus que d’autres leurs objectifs concernant leur consommation d’alcool (réduction ou abstinence), le sentiment d’efficacité personnelle est l’un des seuls critères qui ressort quasiment toujours. 

En d’autres termes, il s’agit de l’une des principales clefs de la réussite.

Dans ces conditions, il semble utile de pouvoir évaluer notre sentiment d’efficacité personnelle et de trouver des moyens pour pouvoir l’augmenter

PETIT QUESTIONNAIRE POUR ÉVALUER SON SENTIMENT D’EFFICACITÉ PERSONNELLE

Voici les questions que vous pouvez vous poser pour réfléchir à votre sentiment d’efficacité personnel. Il s’agit de la traduction libre d’un questionnaire de langue anglaise, s’intéressant à la vie en générale, et non pas spécifiquement au rapport aux addictions. 

Bien sûr, il n’y a pas de score normal ou de score anormal. Le but est de se poser des questions sur son sentiment d’efficacité personnelle et donc de réfléchir sur ses forces et faiblesses. C’est un excellent moyen d’imaginer comment il est possible de gagner de la confiance en soi pour mieux gérer ses problèmes d’alcool. De plus, un score comme celui qui est proposé va être encore plus aidant si on observe son évolution dans le temps.

Pour chaque question, la note possible est :

1 = Pas du tout vrai

2 = A peine vrai

3 = Modérément vrai

4 = Tout à fait vrai

Je peux toujours résoudre des problèmes difficiles si je fais suffisamment d’efforts
Quand quelqu’un s’oppose à moi, je sais quand même trouver les moyens d’obtenir ce que je veux
Il est facile pour moi de m’en tenir à mes objectifs et de les atteindre
Je crois que je serais capable de gérer avec efficacité des événements imprévus
Grâce à ma débrouillardise, je sais gérer des situations imprévues
Je peux résoudre la plupart des problèmes si je m’investis suffisamment
Je peux rester calme face aux difficultés parce que je peux compter sur mes capacités d’adaptation
Lorsque je suis confronté à un problème, je peux généralement trouver plusieurs solutions
Quand j’ai des ennuis, je parviens généralement à trouver une solution
Je peux généralement gérer ce qui m’arrive
SCORE TOTAL (addition de l’ensemble des notes)

Une fois que vous avez fait votre bilan initial, ce qui importe vraiment, c’est de réfléchir à la façon d’améliorer ce score, c’est-à-dire de ressentir plus de confiance en soi. Ainsi que nous l’avons dit, c’est un élément majeur de réussite dans votre lutte contre l’alcool. C’est aussi un élément majeur d’épanouissement dans votre vie quotidienne.

En plus de tout ce que vous pourrez faire par vous-même, nous vous apporterons prochainement des pistes possibles pour améliorer votre sentiment d’efficacité personnelle.

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Traitements non médicamenteux du Mésusage de l’alcool

L’objectif des textes qui abordent les traitements non médicamenteux est d’informer sur les compétences, les techniques, les outils qu’un consommateur peut utiliser pour améliorer ses chances de réussite.

PREMIER ÉPISODE : l’aide thérapeutique par l’information.

De nombreuses questions nous ont été posées concernant les traitements médicamenteux. Il s’agit de questions importantes, mais celles-ci doivent se résoudre en collaboration avec le prescripteur de la molécule. Le choix du traitement est dicté par l’indication spécifique du médicament et les particularités du patient et ne peut donc être commenté sans ces informations.

Lorsqu’un traitement médicamenteux est prescrit, le « job » du patient est d’être le plus observant possible, c’est à dire de ne pas oublier les prises.

Le patient a aussi la possibilité d’optimiser le résultat de sa prise en charge grâce à des outils dont nous allons parler dans plusieurs textes. 

Avant de commencer, il est intéressant de savoir quel est l’impact réel des médicaments en alcoologie. En d’autres termes, il faut répondre à la question suivante : si atteindre l’objectif correspond à un effet thérapeutique égal à 100 %, quelle est la part du médicament lui -même ?

La réponse est assez surprenante. En effet, quel que soit l’objectif (l’abstinence ou la diminution de consommation) et le médicament testé, l’effet de celui-ci ne correspond qu’à 20 à 30 % du résultat final. 

Ce n’est pas négligeable mais cela n’est vrai que pour les médicaments qui ont démontré leur efficacité.

Cela signifie aussi que 70 à 80 % du résultat obtenu revient au patient et aux différent « outils » qu’il utilise (incluant ses compétences personnelles, son expérience, les soignants qui l’aident, les groupes d’entraide…).

Cela confirme bien qu’il n’y a pas de « traitement miracle », mais plutôt que le « miracle » doit venir du patient et de sa capacité à utiliser toute sorte de compétences et d’outils non médicamenteux. Certains de ces outils non médicamenteux sont inclus dans les suivis avec des soignants. D’autres peuvent et doivent être développés par les patients eux-mêmes. 

L’objectif des textes qui aborderont les traitements non médicamenteux est d’informer sur les compétences, les techniques, les outils qu’un consommateur peut utiliser pour améliorer ses chances de réussite. Avant de commencer, il est essentiel de préciser que ces outils n’ont pas pour vocation de se substituer au travail que vous pourriez faire avec un soignant ou au sein d’un groupe d’entraide. Il s’agit juste de décrire des « techniques » validées qui peuvent vous aider et compléter votre démarche (que vous ayez ou pas un traitement médicamenteux).

LA BIBLIOTHÉRAPIE

Le premier chapitre que nous aborderons est la bibliothérapie ; c’est à dire l’aide thérapeutique par l’information. La bibliothérapie peut prendre plusieurs formes : par exemple des dépliants d’information, un poster dans une salle d’attente, des messages internet, des communications de sociétés savantes…

Le rationnel de cette technique est que si une information nous semble pertinente et utile, nous pouvons nous en emparer. Elle devient alors une connaissance, une croyance personnelle qui va nous aider à progresser.

C’est ainsi que nous avons incorporé des messages de santé publique sur lesquels nous nous appuyons pour essayer d’améliorer notre santé. Nous sommes globalement tous d’accord pour penser qu’il faut éviter de manger trop gras ou trop sucré et qu’il est potentiellement toxique de saler de façon inconsidérée nos plats. Cela ne signifie pas que nous avons abandonné le plaisir des frites et des gâteaux ; cela signifie simplement que, ayant acquis ces connaissances, nous essayons de les utiliser au mieux pour gérer notre alimentation. Bien sûr, nous n’y parvenons pas toujours bien. Mais où en serions-nous si nous n’avions pas acquis à titre personnel ces connaissances théoriques qui viennent directement de la recherche ?

La bibliothérapie existe aussi en alcoologie, sous différentes formes, et de nombreuses études ont été publiées. Un travail de synthèse a repris 22 de ces études pour tenter d’en tirer des conclusions robustes. Quelles sont-elles ? 

Il s’agit d’un outil facile à mettre en place et peu coûteux :  document papier dans un salle d’attente ou en pharmacie, courrier papier, courrier électronique. Le côté économique de la bibliothérapie est un atout pour que les autorités de santé puissent se mobiliser en faveur des consommateurs excessifs.

La bibliothérapie peut favoriser l’entrée dans le soin. Avoir de l’information (à condition qu’elle repose sur des données validées) permet clairement de faire un auto-bilan pouvant générer la prise de décisions importantes.

Pour certaines personnes, il est plus facile d’accepter de lire des documents « d’auto aide » que d’aller consulter. Ainsi, la bibliothérapie permet de rendre un service significatif à des personnes qui ne sont pas encore prêtes à aller chercher une aide présentielle.

La bibliothérapie permet une réduction significative de la consommation d’alcool. Cela signifie que recevoir des informations et accepter un message qui semble juste est un premier pas vers une réduction de consommation. 

Les gains obtenus grâce à la bibliothérapie se maintiennent dans le temps ; il s’agit là d’un point majeur. Ce n’est pas étonnant puisque le changement repose sur des informations intégrées par la personne qui les adopte comme une connaissance personnelle. Nous n’allons pas oublier l’année prochaine que notre alimentation doit être diversifiée et contenir des fruits et des légumes. Conservant ces connaissances acceptées, nous pourrons donc les utiliser au long cours. La bibliothérapie n’est donc pas un gadget, mais un outil très utile pour aider à la vigilance et au changement. 

Dans le livre « Le contrat », John Grisham dit : « L’information, c’est le pouvoir ». Il ne pensait pas bien sûr à la bibliothérapie, mais cette citation s’adapte parfaitement à l’alcoologie. L’information c’est avoir le pouvoir de mieux comprendre sa relation à l’alcool et augmenter ses chances de changer son comportement.

Il existe toutefois un écueil possible dans cette démonstration : la bibliothérapie ne peut être considérée comme un outil efficace que dans la mesure où les informations acceptées et assimilées sont valides et reposent sur des données scientifiques robustes et récentes. Cela signifie qu’il faut, au moindre doute, vérifier les documents d’informations, surtout si vous avez le sentiment que « la mariée est trop belle ». 

En conclusion, obtenir de l’information sur l’alcool, ses effets secondaires et les soins possible est EN SOI un acte thérapeutique qui permet d’avancer. 

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ANXIÉTÉ : Faites le TEST

Comment définir l’anxiété ou les « troubles anxieux » selon la terminologie qui regroupe les différents types d’anxiétés ? On peut simplement définir ces troubles anxieux comme un ensemble de différents symptômes incluant principalement un sentiment de peur, d’inquiétude qui vont nous faire adopter des comportements afin d’éviter des situations particulières.

L’anxiété est une émotion habituelle que nous avons tous expérimenté tous dans des situations ou des moments particuliers.

Cette anxiété ne pose pas de problème si elle ne survient que de façon épisodique, si elle est provoquée par des facteurs favorisants réels (entretien d’embauche, rendez-vous amoureux, prendre la parole en public) et si elle ne dure pas dans le temps. Bien sûr, elle sera anormale si elle a des conséquences négatives sur notre existence en nous empêchant de faire des choses importantes. 

Elle sera aussi anormale si elle se traduit par des symptômes excessifs ; manifestations physiques ; peur panique, sensation d’angoisse qui nous bloque au quotidien.

Ces troubles anxieux peuvent dans certains cas diminuer nos capacités intellectuelles (concentration, mémoire), affectives, sociales (peur de sortir, de conduire, de rencontrer des gens).

Il existe plusieurs échelles d’anxiété ; celle qui est accessible en fin de texte est utilisée régulièrement dans la recherche médicale et permet de se tester facilement en moins de 5 minutes (7 questions avec une grille de score).

Les troubles anxieux sont présents chez environ 10 % de la population générale, mais sont bien plus fréquent en cas de consommation excessive d’alcool. Chez les consommateurs excessifs, leur fréquence peut atteindre des taux de plus de 40 %. 

Il existe donc une association fréquente entre consommation excessive d’alcool et troubles anxieux, cette association s’inscrit dans le cadre d’une « pathologie duelle », c’est à dire l’association d’une consommation de produit psychoactif (par exemple l’alcool) et d’une pathologie psychiatrique (telle dépression, anxiété, trouble bipolaire…). 

La première explication rendant compte de cette forte association est que l’alcool est fréquemment utilisé comme une « auto-médication » afin de pouvoir gérer au quotidien les difficultés engendrées par les désordres anxieux. Effectivement, une prise d’alcool peut diminuer l’anxiété dans un premier temps, même si cet effet « positif » va rapidement s’inverser avec la chronicité de la consommation, l’alcool favorisant et aggravant alors l’anxiété. 

Un des troubles anxieux fréquent qui va volontiers favoriser des consommations inadaptées d’alcool est l’anxiété sociale ou la phobie sociale (5 à 7 % des personnes en population générale). Elle se caractérise par une peur excessive et gênante du regard de l’autre dans des situations d’interactions simples ou plus formelles (parler à son banquier, parler en public). L’anxiété sociale se complique particulièrement d’addiction en général et à l’alcool en particulier.

Une deuxième explication possible est que la consommation chronique d’alcool est un facteur d’anxiété et c’est d’ailleurs ce qui est observé sur des séries importantes de patients ; l’arrêt de l’alcool s’accompagne d’une diminution de la fréquence et de l’importance de l’anxiété. L’effet négatif de l’alcool sur l’humeur est donc réversible et une diminution très importante de l’anxiété survient dès les premières semaines qui suivent l’arrêt de consommation.

Par exemple dans une étude récente, il a été montré que les taux d’anxiété étaient de 44 % lors de l’admission dans un service d’alcoologie et de seulement 15 % après 5 à 6 semaines d’abstinence, soit quasiment 3 fois moins fréquent.

Ces résultats sont obtenus avec un arrêt total de l’alcool et l’impact de la diminution de consommation sera plus progressive. Toutefois, cette diminution est indispensable pour espérer obtenir des résultats positifs.

Enfin, il faut insister sur le fait qu’il y a des interactions entre l’alcool et les médicaments prescrits pour un trouble anxieux et que cela est une raison supplémentaire pour bannir une consommation excessive.

Pour résumer, les troubles anxieux sont souvent très gênants au quotidien. Il ne s’agit qu’une maladie dont il faut avoir honte, mais d’un problème pur lequel il existe des traitements efficaces, médicamenteux ou pas. Il faut donc rechercher de l’aide auprès de soignants. 

Ces troubles sont très fréquents chez les consommateurs excessifs et l’alcool augmente les symptômes et diminue les chances de guérison. Il est essentiel de comprendre que l’alcool ne représente pas un traitement de l’anxiété, mais une cause d’aggravation.

Il est indispensable de limiter au maximum votre consommation d’alcool si vous souffrez d’anxiété, avec toujours une diminution lente et progressive de cette consommation pour éviter des signes de sevrage.

Enfin, insistons sur le fait que traiter un trouble anxieux alors qu’il y a de l’alcool, cela ne fonctionne pas. 

Echelle permettant d’évaluer son anxiété : score HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale) de Sigmond et Snaith  

1) Anxiété 

Je me sens tendu ou énervé. 

0. Jamais. 

1. De temps en temps. 

2. Souvent. 

3. La plupart du temps.

J’ai une sensation de peur comme si quelque chose d’horrible allait m’arriver. 

0.  Pas du tout. 

1. Un peu mais cela ne m’inquiète pas. 

2. Oui, mais ce n’est pas trop grave. 

3. Oui, très nettement. 

Je me fais du souci. 

0.  Très occasionnellement. 

1. Occasionnellement. 

2. Assez souvent. 

3. Très souvent. 

Je peux rester tranquillement assis à ne rien faire et me sentir décontracté. 

0.  Oui, quoi qu’il arrive. 

1. Oui, en général. 

2. Rarement. 

3. Jamais. 

J’éprouve des sensations de peur et j’ai l’estomac noué. 

0.  Jamais. 

1. Parfois. 

2. Assez souvent. 

3. Très souvent. 

J’ai la bougeotte et n’arrive pas à tenir en place. 

0.  Pas du tout. 

1.  Pas tellement. 

2. Un peu. 

3. Oui, c’est tout à fait le cas. 

J’éprouve des sensations soudaines de panique. 

0.  Jamais. 

1. Pas très souvent. 

2. Assez souvent. 

3. Vraiment très souvent. 

Résultats : Cette échelle explore les symptômes anxieux.
Votre total peut varier de 0 à 21 points. 

De 0 à 7 : probablement pas d’état anxieux.

Entre 8 et 10 : état anxieux possible mais douteux.
Au-delà de 10 : état anxieux certain. 

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Alcool

ALCOOL ET SOMMEIL – Épisode 1

GÉNÉRALITÉS

Pour parler clairement de troubles du sommeil, il convient tout d’abord de définir ce qu’est un sommeil de bonne qualité. Il y a une réponse simple qui permet une première auto-évaluation : votre sommeil est de bonne qualité s’il vous permet d’être en forme la journée. Si au contraire vous êtes tout le temps fatigué, avec des bâillements et l’envie (voire le besoin) de faire des siestes, il est probable que vous sommeil est insuffisant en qualité et/ou en quantité.

Il est important de savoir que notre sommeil est génétiquement programmé ; c’est à dire que nous sommes ou des petits ou des gros dormeurs indépendamment de notre volonté. Cela étant dit, il faut respecter son sommeil (dormir le temps nécessaire) sous peine de ressentir une fatigue chronique. 

Les troubles du sommeil sont fréquents dans la population générale, et beaucoup plus fréquents chez les personnes ayant une consommation excessive d’alcool (40 à 70 % des personnes dans cette situation). Souvent ces troubles sont aussi liés au fait que nous négligeons des conseils basiques d’hygiène du sommeil (voir épisode 3).

Les troubles du sommeil favorisent la consommation d’alcool. En effet, lorsque l’on souffre d’insomnie, on essaie toutes sortes de stratégies (médicamenteuses ou pas) pour tenter de retrouver un sommeil de qualité. Parmi ces stratégies, certains essaient l’alcool qui permet, dans un premier temps, de favoriser l’endormissement. 

Cela est vrai même chez les plus jeunes puisqu’il a été observé que des troubles sévères du sommeil chez des très jeunes enfants favorisait les prises d’alcool excessives à l’adolescence. 

Il s’agit toutefois d’un mauvais calcul car rapidement, l’alcool aggrave tous les types de troubles de sommeil : difficultés d’endormissement, diminution du temps de sommeil, réveils nocturnes et diminution de l’efficacité du sommeil (c’est-à-dire son effet réparateur).

Pourtant, une majorité de personnes pensent que l’alcool favorise l’endormissement alors que lorsque cela est étudié dans des conditions expérimentales strictes, les résultats mesurés montrent l’inverse.

Avec trop d’alcool, le temps total de sommeil efficace est aussi diminué avec une altération de l’architecture du sommeil ; il y a moins de cycles du sommeil de bonne qualité, avec moins d’épisodes de sommeil paradoxal et moins de d’épisodes de rêve. 

Les troubles du sommeil provoquent aussi de nombreuses complications :

  • Une fatigue chronique
  • Une altération des performances intellectuelles : problèmes de mémoire et de concentration 
  • Une diminution de la motivation à faire des choses et de l’envie d’entreprendre
  • D’éventuelles difficultés relationnelles avec souvent une forte irritabilité
  • Une augmentation des risques d’accidents ménager, d’accidents professionnels et de la voie publique
  • Un risque accru de souffrir de dépression

Enfin, les troubles du sommeil ont un retentissement sur notre corps et nos organes et cela se traduit par des risques accrus de certaines maladies (par exemple l’hypertension artérielle et l’obésité) et une diminution de l’espérance de vie de quelques années en cas de troubles prolongés.

Une fois que ces points négatifs sont posés, il faut préciser que ces troubles sont réversibles, en totalité ou partiellement avec une diminution de consommation d’alcool et en s’aidant des conseils d’hygiène du sommeil proposés par les sociétés savantes (voir alcool et sommeil – épisode 3).  

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Alcool Traitements

EN CAS DE SEVRAGE ALCOOLIQUE, FAUT-IL SE MÉFIER DES BENZODIAZÉPINES ?

Le sevrage alcoolique est un des outils de prise en charge possible chez certains patients ayant un problème d’alcool. Dans ce cas, un traitement médicamenteux par benzodiazépine peut être proposé. Nombreux sont ceux qui se questionnent quant à la pertinence de ces médicaments et de leurs éventuels effets négatifs. Ce questionnement est tout à fait justifié et mérite une courte mise au point sous forme de 4 questions réponses. 

1°) QUELS SONT LES OBJECTIFS DU SEVRAGE ? 

L’objectif du sevrage est, pour le consommateur, l’arrêt de l’alcool pour entrer dans un processus d’abstinence. 

Pour le soignant, l’objectif est d’assurer cet arrêt dans de bonnes conditions de confort et de sécurité.

Les « bonnes conditions de confort » sont essentielles car elles vont rendre l’arrêt de l’alcool moins difficile. En effet, les premiers jours sont parfois compliqués pour certains patients. De plus, cela permettra de faire du sevrage une expérience positive et valorisante = je m’en sors bien, ce n’est pas trop difficile et je sens bien que je vais dans la bonne direction.

Les bonnes conditions de sécurité signifient que la prise en charge doit permettre de limiter les signes de sevrages (voir tableau 1) et surtout d’éviter la survenue d’un syndrome de sevrage sévère (voir tableau 2).

C’est en s’appuyant sur ces objectifs fondamentaux que les modalités thérapeutiques sont mises en œuvre. 

 TABLEAU 1 : SIGNES DE SEVRAGES

Troubles subjectifs Anxiété, agitation, irritabilité, insomnies, cauchemars
Troubles neurovégétatifs Sueurs, tremblements, tachycardie, hypertension artérielle
Troubles digestifs Anorexie, nausées, vomissements

TABLEAU 2 : SIGNES DE SEVRAGE SÉVÈRES

Confusion, c’est à dire troubles de concentration, mémoire, et/ou jugement
Hyperthermie (température augmentée)
Hallucinations
Delirium tremens
Convulsions

2°) QUEL EST L’INTÉRÊT DE LA PRESCRIPTION DE BENZODIAZEPINES ? 

La prescription de benzodiazépine a pour objectif d’éviter (ou de maintenir à un niveau très bas) les signes de sevrage. 

Il est très important d’insister sur le fait que des signes de sevrage peuvent survenir, même s’il n’y a pas d’arrêt total d’alcool. En effet, en cas de forte consommation, une diminution importante sans arrêt total peut se compliquer de signes de sevrage.   

La prescription de benzodiazépines évite aussi le risque d’évolution vers un sevrage sévère lorsqu’il y a déjà quelques symptômes. Entre parenthèse, il y a une scène de delirium tremens très impressionnante, jouée par Yves Montand dans le film « Le cercle Rouge » (le reste du film est aussi très bien…).

D’ailleurs, depuis la généralisation de la prescription de benzodiazépine comme traitement préventif lors des sevrages hospitaliers, il n’y a quasiment plus de delirium tremens dans les unités d’addictologies, ce qui démontre leur grande efficacité.

Les benzodiazépines choisies sont celles qui ont une ½ vie longue, c’est à dire celles dont l’absorption ne s’accompagne pas de taux très élevés dans le sang suivis peu après par des taux très bas (ce qui est très inconfortable pour le patient et difficile à gérer pour le médecin).

3°) QUELS SONT LES RISQUES DES BENZODIAZEPINES ?

Les benzodiazépines sont des médicaments potentiellement addictogènes. On comprend donc dans ces conditions celles et ceux qui ont peur d’abandonner une drogue pour développer une dépendance à une autre. Pour être exhaustif, il faut aussi dire aussi qu’il est plus long et plus difficile de se « débarrasser » d’une dépendance aux benzodiazépines que d’une dépendance à l’alcool.

De plus, les benzodiazépines consommées au long cours pourraient avoir une toxicité cérébrale. Là aussi, il est donc sain de s’en méfier.

Toutefois, ces deux effets secondaires ne vont survenir qu’en cas de prescription prolongée. Or, pour un sevrage, les sociétés savantes préconisent une durée de traitement autour de 7 jours. Si cela est respecté, il n’y a aucun risque de développer une dépendance ou une toxicité cérébrale. La prescription de benzodiazépines ne sera maintenue au-delà du délai de 7 jours que s’il existe une indication psychiatrique, par exemple un trouble anxieux. Cependant le traitement au long court des troubles anxieux ne doit pas reposer sur les benzodiazépines.

Enfin, il faut parler d’un troisième risque qui est l’association d’une benzodiazépine à l’alcool. On note parfois chez certaines personnes qui re-consomment de l’alcool après sevrage la prise concomitante de benzodiazépine (qui devrait pourtant être stoppée). Cette association peut donner des troubles de la vigilance et favoriser tous types d’accidents. 

Ces trois problèmes potentiels ne surviennent jamais lorsque le traitement est stoppé dans les 7 jours ainsi que recommandé. 

4°) COMMENT GÉRER AU MIEUX LES DOSES DE BENZODIAZEPINES ? 

Tout d’abord, il faut préciser qu’un traitement par benzodiazépines n’est pas toujours indiqué. En l’absence de tout signe de dépendance physique et sous réverse d’une surveillance étroite, l’arrêt de l’alcool peut se faire sans médicament. Les consommateurs qui arrêtent seuls le savent bien. 

Toutefois, il faut toujours être vigilant et le moindre symptôme justifie la prescription de benzodiazépine.

Il s’agit généralement de doses qui sont rapidement régressive pour arriver à l’arrêt vers le 7e jour. Bien sûr, les adaptations de posologie ne doivent se faire qu’avec une surveillance médicale.

On peut osciller entre le sous-dosage (qui se traduit par des signes de manque) et le sur-dosage (qui se traduit par une somnolence). Cette période de sevrage accompagnée par des benzodiazépines n’est pas le bon moment pour des activités à risque telles que bricoler sur le toit ou conduire sa voiture.

Pour être complet, il faut préciser que d’autres traitements sont volontiers proposés au moment du sevrage, telles les vitamines B1, voire B1 + B6. Ces traitements peuvent être très importants chez certains patients mais ils ne remplacent pas les benzodiazépines car ils ne préviennent pas les signes de sevrage et le delirium tremens.

EN CONCLUSION, les BENZODIAZEPINES sont souvent très utiles pour aider au sevrage alcoolique. Leur prescription peut même être indispensable dans certains. Elles ne présentent pas de risque (sauf un peu de somnolence) si leur prescription suit les recommandations officielles, c’est-à-dire sont limitées à une courte période

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Alcool Femmes

STRESS ET CONSOMMATION D’ALCOOL CHEZ LA FEMME

Femmes et Alcool – épisode 2

Les 10 années qui viennent de s’écouler, la fréquence des problèmes d’alcool augmente plus vite chez les femmes que chez les hommes : précisément 2,5 fois plus vite. À l’échelle d’une population, il s’agit de chiffres très importants. Cette différence ne peut donc pas être due simplement au hasard et il est donc fondamental d’en comprendre les raisons. 

Une des causes majeures suspectée est que les consommations féminines excessives sont volontiers motivées par le besoin de réguler des états émotionnels négatifs et des antécédents d’évènements de vie perturbants et traumatiques. 

Il est en effet bien démontré que les états émotionnels négatifs sont associés à toutes les phases de l’addiction à l’alcool, c’est-à-dire :

À l’initiation de la consommation

À la poursuite de la consommation 

Aux éventuelles rechutes 

Cela est vrai pour les hommes et les femmes, mais l’impact des états émotionnels négatifs est beaucoup plus important chez les femmes. Entre parenthèses, il existe d’autres domaines de la maladie alcoolique dans lesquels on observe une grande susceptibilité féminine, ce qui sera l’objet de prochains textes. 

L’ÉTAT ÉMOTIONNEL DANS L’ADOLESCENCE ET L’INITIATION DE LA CONSOMMATION

Ce qui nous arrive dans l’enfance ou l’adolescence nous marque particulièrement. Pendant ces périodes, ceux qui ressentent de façon prolongée des émotions négatives ont plus de risque de commencer l’alcool précocement et surtout d’aller vers des consommations plus fréquentes et importantes. Par exemple, il a été montré que chez des adolescents âgés de 15 à 18 ans, l’importance des symptômes de dépression était associée à des débuts de consommation plus précoce et des risques accrus d’évoluer vers la dépendance. 

Cela est vrai chez les garçons et les filles, mais l’association entre des difficultés émotionnelles et la prise d’alcool est plus forte chez les filles. Donc, le risque de boire de l’alcool pour faire face à un état émotionnel négatif est plus important chez les filles.

De même, la maltraitance dans l’enfance est un facteur bien documenté de risque de plusieurs pathologies à l’âge adulte incluant le mésusage d’alcool. Là encore, les jeunes femmes ont au moins 2 fois plus de risque de développer un mésusage d’alcool que les hommes de leur âge après avoir subi dans l’enfance un abandon affectif, une maltraitance psychologique ou un abus sexuel. 

Donc, il y a plus d’impact et plus de risque d’aller vers l’alcool pour se défendre d’états émotionnels négatifs chez les femmes que chez les hommes. Cela n’est pas lié à une moindre compétence ou force morale chez les femmes, mais à des différences neurobiologiques présentes dans l’adolescence, différences qui commencent à être bien documentée. Il n’est bien sûr, pas utile de préciser que les circuits neurobiologiques qui différent ne représentent pas le quotient intellectuel. 

LA MORPHOLOGIE CEREBRALE DANS L’ADOLESCENCE

Pendant l’adolescence, le cerveau se développe tant d’un point de vue anatomique que fonctionnel. Cette maturation dure longtemps et ne s’achève que vers l’âge de 25 ans. Durant cette période, un stress prolongé et intense va se traduire par des modifications de fonctionnement, mais aussi va altérer le développement de certaines zones qui sont encore en pleine maturation. Ces problèmes de développement vont concerner plusieurs zones du cerveau qui sont justement impliquées dans la réponse à l’alcool*. 

Comme ces zones vont moins bien fonctionner, l’alcool aura moins d’effet anti-stress ce qui va se traduire par le besoin de consommations plus importantes pour avoir un même effet. 

Or, à l’adolescence, les cerveaux des filles et des garçons ont certaines différences fonctionnelles qui semblent expliquer la susceptibilité accrue des jeunes filles à l’alcool pour combattre les états émotionnels négatifs. 

LE CERVEAU À L’ÂGE ADULTE

Des différences entre les cerveaux féminins et masculins persistent à l’âge adulte avec donc toujours plus de susceptibilité à consommer de l’alcool chez les femmes pour combattre le stress. En effet, il existe des interactions entre les réseaux neurologiques du stress et ceux qui conditionnent la réponse à l’alcool. De plus, il existe des changements liés au stress dans les circuits de la récompense qui sont excités par les prises d’alcool. 

Cela se traduit par plus de réponse alcool au stress chez les femmes avec :

  • Un début de troubles de l’usage plus précoce 
  • Plus de « craving » (c’est-à-dire des envies violentes et irrépressibles d’alcool)
  • Plus de « binge drinking » (consommations excessives en un temps court)
  • Plus d’usage problématique et de dépendance à l’alcool 
  • Plus de risque de rechute chez les femmes qui essaient de diminuer leur consommation

Il n’est pas étonnant qu’il y ait plus souvent chez les femmes consommatrices (par rapport) aux hommes) des co-morbidités psychiatriques : plus de dépression, plus de troubles anxieux, plus de stress post-traumatique.

En effet, les femmes ont des raisons « neurologiques » de répondre plus fréquemment que les hommes aux états émotionnels négatifs par une consommation d’alcool. 

Mais il existe au moins une autre cause de vulnérabilité : une spécificité hormonale.

LES HORMONES SEXUELLES FAVORISENT LE LIEN ENTRE STRESS ET ALCOOLISATION

Une différence physiologique importante entre les femmes et les hommes est la différence de production hormonale. Or, les deux principales hormones ovariennes modifient la réponse au stress. 

Tout d’abord, la progestérone pourrait contribuer à l’effet anxiolytique de l’alcool chez les femmes, ce qui évidemment est un facteur favorisant la consommation en cas de stress ou syndrome anxieux. 

D’autre part, les estrogènes pourraient interagir dans les circuits neurologiques responsables de la motivation pour la récompense, ce qui n’est pas le cas chez l’homme. Les estrogènes favorisent donc les prises d’alcool, et il est démontré que les femmes qui ont des taux élevés d’estrogènes consomment plus d’alcool que celles qui ont des taux plus bas. On sait aussi que la consommation d’alcool peut varier en fonction du moment du cycle menstruel.

Ainsi, les hormones ovariennes peuvent favoriser la consommation d’alcool, en particulier lorsqu’il existe des antécédents de stress et de difficulté de régulation des émotions.

EN RÉSUMÉ :

Que faut-il retenir de ces données ?

Les états émotionnels négatifs de même que les antécédents de stress sévères favorisent la consommation d’alcool de façon plus importante chez les femmes que chez les hommes. 

Cela semble lié à des différences neurologiques tant dans la jeunesse qu’âge adulte. Il semble aussi que les hormones ovariennes jouent un rôle important dans cette susceptibilité féminine. 

Il vous faut donc être très vigilante si vous souffrez de dépression, de troubles anxieux ou de stress actuellement ou si vous en avez souffert dans vos antécédents, même lointain. Il faut vous occuper de vous et ne pas hésiter à consulter au moindre doute afin de développer et renforcer des stratégies d’adaptation et de régulation des émotions.

Soigner votre humeur diminue les risques de consommation excessive d’alcool. Et bien sûr, il faut éviter d’avoir une consommation excessive d’alcool qui est pour sa part responsable de troubles de l’humeur et donc entretien un cercle vicieux.

*Pour information, les zones dont nous parlons sont principalement le corps calleux, le cortex cingulaire antérieur, l’amygdale, l’hippocampe